Légionellose à la piscine de Waremme - Elle est fermée !

piscine de waremme.jpgOutre un problème d'affaissement et une incroyable série de déboires, la légionellose vient d'être détectée à la piscine de Waremme.
Elle est fermée jusqu'à nouvel ordre !
Des centaines d'enfants sont privés de bain par ces journées ensoleillées.
Qu'est ce que la légionellose en fait?

La légionellose est une forme de pneumopathie grave et parfois mortelle. Elle est provoquée par une bactérie, Legionella pneumophila, et parfois par d’autres espèces de légionelles. Cette bactérie vit naturellement dans l’environnement et prolifère dans les eaux tièdes et les endroits tièdes et humides. Elle est fréquente dans les lacs, les rivières, les ruisseaux, les sources chaudes et divers autres gîtes aquatiques. Elle s’observe également dans le sol et dans le terreau de rempotage.

Legionella pneumophila a été identifiée pour la première fois en 1977 : c’est cette bactérie qui a provoqué une flambée de pneumopathies graves dans le centre où s’est réunie une convention, aux Etats-Unis d’Amérique en 1976. Depuis, elle a été associée à diverses flambées reliées à des systèmes aquifères artificiels mal entretenus, notamment aux tours aéroréfrigérantes ou aux aérocondenseurs employés pour la climatisation dans les climatiseurs et les systèmes de refroidissement industriels, aux réseaux de distribution d’eau chaude et froide dans des bâtiments publics et privés, et aux bains bouillonnants.

La quantité de légionelles nécessaires pour provoquer une infection est inconnue, mais la dose infectieuse pourrait être faible pour des personnes sensibles, car on connaît des cas d’infection après exposition de quelques minutes seulement à la source de certaines flambées et d’autres situés jusqu’à 3,2 km de la source. La survenue de l’infection dépend de plusieurs facteurs : degré de contamination de l’eau, efficacité de la formation d’aérosols et de la dissémination de la bactérie par voie aérienne, facteurs d’hôte et virulence de la souche de légionelle en cause.

La maladie et son impact sur l’homme

Légionellose est un terme générique appliqué aux formes pulmonaires et non pulmonaires d’infection par Legionella.

La forme non pulmonaire est une affection aiguë, à guérison spontanée, de type grippal, d’une durée de 2 à 5 jours. L’incubation va de quelques heures à 48 heures. Les symptômes majeurs sont la fièvre, les frissons, les céphalées, la dégradation de l’état général et les douleurs musculaires (myalgies). Aucun décès n’est associé à ce type d’infection.

La légionellose pulmonaire a une durée d’incubation de 2 à 10 jours (mais qui peut atteindre 16 jours, comme on l’a observé lors de flambées récentes bien documentées). Initialement, les symptômes sont la fièvre, la perte d’appétit, les céphalées, la dégradation générale et la léthargie. Certains patients présentent également des douleurs musculaires, des diarrhées et une confusion. A ce tableau s’ajoute généralement une toux initiale bénigne, productive chez un nombre de patients qui peut atteindre 50 %. Chez environ un tiers des patients, on observe des crachats contenant du sang ou une hémoptysie. La gravité de la maladie est variable, de la toux bénigne à la pneumopathie rapidement fatale. Le décès est dû à la pneumopathie évolutive accompagnée d’une insuffisance respiratoire et/ou d’un choc et d’une défaillance multiviscérale.

Non traitée, cette forme s’aggrave en général pendant la première semaine. Comme pour les autres pneumopathies sévères, les complications les plus fréquentes de la légionellose sont l’insuffisance respiratoire, le choc, l’insuffisance rénale aiguë et la défaillance multiviscérale. La guérison nécessite un traitement antibiotique et après plusieurs semaines, voire plusieurs mois, elle est en général complète. Il s’ensuit parfois une pneumopathie évolutive, un échec du traitement de la pneumopathie et, rarement, des séquelles cérébrales.

Le taux de mortalité par légionellose est fonction de la gravité de la maladie, de l’adéquation du traitement antimicrobien initial, des conditions dans lesquellesLegionella a provoqué l’infection et des facteurs de l’hôte (la maladie est en général plus grave chez les immunodéprimés). Le taux de létalité peut atteindre 40 à 80 % chez les patients immunodéprimés non traités, et peut être ramené à 5 à 30 % quand la prise en charge est appropriée, suivant la gravité des signes et des symptômes cliniques. Le taux de mortalité se situe en général dans la fourchette 10 à 15 % chez les personnes capables d’élaborer une réponse immunitaire.

Etiologie

L’agent étiologique, la légionelle, est une bactérie dulcicole qu’on trouve dans l’environnement aquatique partout dans le monde ; les milieux artificiels contenant de l’eau sont parfois très favorables à la multiplication de Legionella. Ces bactéries sont des parasites de protozoaires vivants, et vivent à l’intérieur ou entre les cellules ; on les trouve aussi dans les biofilms qui se forment dans les systèmes aquifères où elles survivent. Elles peuvent provoquer des infections chez l’homme en infectant les cellules humaines par un mécanisme comparable à celui utilisé pour infecter les protozoaires. L. pneumophila est l’espèce la plus fréquemment isolée chez les patients ayant une légionellose contractée en milieu hospitalier, lors d’un voyage ou en communauté.

Répartition

Les légionelles sont ubiquitaires.

Contamination

Les légionelles sont disséminées par les aérosols véhiculés par l’air. L’infection résulte de l’inhalation de gouttelettes d’eau contaminées. L’infection par inhalation se produit également lors des flambées hospitalières. La bactérie vit dans l’eau et colonise les réseaux de distribution d’eau chaude et froide entre 20 et 50ºC (température optimale : 35ºC). Elle contamine les tours aéroréfrigérantes des systèmes de climatisation, les réseaux de distribution d’eau chaude et froide, les humidificateurs, les bains bouillonnants et divers autres dispositifs contenant de l’eau. Il n’y a pas de transmission directe interhumaine.

Etendue de la maladie

L’incidence des légionelloses pulmonaires contractées en communauté varie considérablement avec le milieu étudié et la méthode de diagnostic employée. Dans la mesure où un grand nombre de pays manquent des moyens de diagnostic appropriés ou des systèmes de surveillance capables de suivre la situation, l’ampleur réelle du problème est inconnue. En 2003, 34 pays (soit 467,76 millions d’habitants) sur 36 pays du groupe de travail européen sur les légionelloses ont signalé un total de 4578 cas, ce qui fait une fréquence moyenne en Europe de 9,8 cas par million d’habitants. D’après les données venant du Danemark, où la recherche des légionelles en cas de pneumopathie est bien développée, il serait plus réaliste d’envisager une incidence proche de 10 000 cas par an pour ces mêmes 36 pays.

Les facteurs de risque de légionellose contractée en communauté ou à l’occasion d’un voyage sont notamment : sexe masculin, plus de 50 ans, fumeur, antécédents d’alcoolisme, immunodépression, affection chronique débilitante, dans un contexte de survenue de plusieurs décès par pathologie pulmonaire.

Les facteurs de risque de pneumopathie nosocomiale sont : chirurgie récente, intubation, ventilation assistée, aspiration, intubation nasogastrique et utilisation de dispositifs de traitement respiratoire. Les patients les plus sensibles sont les immunodéprimés, notamment les receveurs de greffe d’organe et les patients sous corticoïdes.

Le retard au diagnostic et au traitement par des antibiotiques appropriés, l’âge et la présence de maladies concomitantes sont des facteurs prédictifs de décès par légionellose.

Prévention

Actuellement, il n’existe pas de vaccin contre la légionellose.

Les formes non pulmonaires de la maladie n’ont pas besoin d’être traitées par les antibiotiques et la prise en charge symptomatique est suffisante. Les patients atteints de légionellose pulmonaire ont systématiquement besoin d’un traitement antibiotique, après confirmation du diagnostic au laboratoire.

Les mesures préventives peuvent être utilisées pour faire face aux dangers pour la santé publique dus à la légionellose. S’il est impossible d’éradiquer la source d’infection, il est possible de diminuer considérablement les risques. La prévention s’appuie sur l’entretien des sources potentielles d’infection, et notamment sur leur nettoyage et leur désinfection systématiques, ainsi que sur l’application d’autres méthodes, physique (température) ou chimique (désinfectant), pour limiter la prolifération. On citera par exemple le nettoyage et la désinfection à intervalles réguliers des tours aéroréfrigérantes ainsi que l’apport fréquent ou continu de désinfectant, le maintien d’une quantité suffisante de désinfectant comme le chlore dans les bains bouillonnants, la vidange et le nettoyage de l’ensemble du système au moins une fois par semaine, la propreté des réseaux d’eau chaude et froide, et soit le maintien de l’eau chaude à 60ºC et de l’eau froide en dessous de 20ºC, soit le traitement des réseaux par un désinfectant approprié pour limiter la prolifération des bactéries. L’application de ces mesures, en particulier dans les hôpitaux, les sites industriels, les hôtels, les centres de loisirs, etc., permet de diminuer considérablement le risque de contamination par les légionelles et d’éviter la survenue de cas sporadiques.

Ces mesures de prévention et de lutte doivent s’accompagner de la vigilance nécessaire de la part des médecins généralistes et des services de santé de la communauté afin de pouvoir identifier les cas.
Source OMS 

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